Publié le : 14-02-2017 | Dernière mise à jour : 15-08-2017 | Photo: Paolo Almario – 2017

Máquinas de Paolo Almario

Texte d’Yves Tremblay

L’artiste Paolo Almario est un citoyen du monde dit numérique. Un monde de plus en plus présent dans nos vies sous toutes formes d’inventions, de découvertes et d’applications qui s’infiltrent dans le tissu du quotidien et modifient nos manières d’être agir et penser. Paolo aime les machines, leurs mouvements, leurs commandes, l’ensemble de leurs possibilités ustensiles afin de produire des gestes poétiques qui intègrent la relation homme/machine dans l’archipel du numérique artistique. Paolo vient à l’art par le numérique. Qu’il s’agisse d’échantillonnages photos composites issus des archives familiales ou de séries de portraits d’inventeurs, tous sont amalgamés en strates d’unités pixellisées qui visent la rencontre image/machine ou homme/machine en dispositifs évoquant un discours sur les systèmes et leurs numérisations, lesquels tissent la trame du réel.

Le projet Mentorat a été le lieu d’une transmutation pour Paolo Almario. Son pragmatisme professionnel pointait la reconstruction de son dispositif mécanisme afin d’en alléger la masse d’en modéliser les parties, le rendant démontable et reproductible; ceci dans le dessein de les réassembler pour différents rôles métaphoriques et fonctions poétiques du dire à venir. Lors de cette plage de mentorat, Almario a mis en sourdine les mosaïques, les méthodes de recherches associées et le mouvement programmé qu’on lui connait. Le coaching minimal du projet, le perfectionnement des connaissances numériques en modélisation/ assemblages virtuels associées aux compétences acquises en impressions 3d ont débouchés sur la réalisation d’une machine à interaction directe avec les visiteurs. Loin des dispositifs de capture générant des canons de l’art en reproduisant des images, rôles et attitudes convenues; l’œuvre/outil de Paolo Almario produit des tracés, dessine des parcours issus des personnes en présence. Cette œuvre capte le mouvement et transcrit les relations du regardant. L’issus bien qu’aléatoire génère un dessin qui marque les tentatives d’entrer en relation avec l’objet autant que l’absence, visible par les points capillaires laissés sur la toile par le marqueur fixé directement sur la caméra. Fort des gains techniques, affranchi de certaines entraves de réalisations, notre Paolo à autonomie amélioré peut désormais vagabonder sur le fil de l’art dans l’habitat du monde, plus nomade que jamais et en quête de scénarios artistiques numériques.

Photos – Œuvre

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Photos – Paolo Almario

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